Genesis : dans les coulisses d'une création
Comment une sphère blanche devient une œuvre — sans une once d'intelligence artificielle. Chaque pièce naît d'une forme simple, presque banale : une sphère de base, lisse et sans relief. C'est le point de départ neutre à partir duquel toute la complexité va émerger — étape par étape, sous Blender 3D, entièrement à la main.

1. La base géométrique
La sphère initiale est d'abord retravaillée en une structure à facettes régulières, une géométrie polygonale qui sert de squelette à toute la pièce. C'est à cette étape que se décide l'équilibre général de la forme : la répartition des faces, la densité du maillage, la logique de symétrie qui guidera toute la suite.

2. L'ossature en fil de fer
Le volume est ensuite réduit à son armature : un réseau de lignes qui dessine uniquement les arêtes de la structure. Cette étape de wireframe est cruciale — elle révèle le squelette invisible de l'œuvre, la trame géométrique qui va porter tout le design final.

3. Naissance de la Sphère
C'est ici que la pièce prend son identité. Les arêtes s'épaississent, se courbent, se creusent : des ouvertures circulaires apparaissent, organiques, comme si la matière avait été percée de l'intérieur.

4. Le lissage final
Dernière étape de cette première phase : l'ensemble est subdivisé et lissé pour effacer les angles trop marqués du maillage de travail et obtenir des courbes fluides, presque organiques — la surface prête à évoluer vers sa forme définitive.
Chaque pièce suit son propre chemin
La méthode décrite plus haut — sphère, facettes, ossature, perçage, lissage — n'est qu'un point de départ. Selon les manipulations appliquées, la même logique de base peut donner naissance à des formes radicalement différentes. C'est le cas de la Vrille Twist : ici, le principe d'enroulement remplace celui du perçage, créant un mouvement en spirale qui semble figé en plein élan, presque comme une vague de matière suspendue.Cette diversité est essentielle : chaque projet RG67 part d'un même socle technique, mais aucune pièce ne ressemble à une autre. C'est la main de l'artiste, à chaque étape, qui oriente la forme vers l'organique, le géométrique ou le fluide.

Genesis : quand la forme rencontre l'élément
La dernière étape d'un projet RG67 n'est pas seulement technique — c'est là que la pièce trouve son âme. Pour Genesis, la sphère perforée, désormais nichée au cœur de sa structure en vrille, est mise en scène dans un environnement chargé de matière : fumée, brume, lumière rasante. Ce traitement permet de tester la façon dont la forme respire dans l'espace, comment elle capte l'ombre et la clarté sous tous les angles.Vient ensuite le choix décisif : la palette. La version brute, en tons gris neutres, sert de base d'étude — elle permet de juger la géométrie pure, sans distraction. Mais c'est le rendu final, embrasé de rouge et d'or, volutes de fumée traversées de lumière, qui donne à Genesis toute sa charge symbolique : une naissance, une matière qui semble se former sous nos yeux à même le feu.

Ce dialogue entre structure froide et matière vivante — le métal ajouré face à l'élément brut — est la signature de la démarche RG67 : donner à une géométrie née d'un écran une présence presque organique, prête à rejoindre le mur d'un intérieur sous forme d'impression sur aluminium Dibond.
Genesis fera partie des œuvres présentées le 13 septembre 2026 au Quai des Arts, Presqu'île André-Malraux à Strasbourg. Une occasion de découvrir la pièce sur aluminium Dibond, en grand format, loin de l'écran.


